Il est 8:00, je me fais un café. De la fenêtre de ma cuisine, le ciel est encore bleu clair à cette heure du soir. Inversement proportionnel ce printemps. Les jours rallongent mais le temps qu'il nous reste diminue. La clarté des jours est infinie, alors que le précieux temps à passer ensemble a tellement rapetissé qu'il tient au creux de mes mains.
Nous allons déménager. Chloé n'en a plus vraiment envie et je lui réponds que moi aussi.
Oui, je le veux encore. Je lui dit que je ressens encore l'excitation d'un nouveau départ. Elle a peur. Moi aussi. Ça fait du bien ce le dire. On se sent moins seule.
Ça nous fera sûrement du bien de prendre un nouveau départ. De se donner une nouvelle valeur, un autre endroit initial. Nous serons en relation avec deux mondes. Pas seulement en fonction "Valleyfield" mais bel et bien éparpillé entre deux vies.
Je suis si nostalgique. Nous le sommes tous un peu au fond. J'en profite du mieux que je peux. Les yeux fermés, je savoure le moment présent, bercée par le son réconfortant des jours qui s'agrandissent et du souffle chaud du temps qui file.
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