vendredi 11 décembre 2009

Le héro de son histoire

C'aurait bien pu être dans un film se déroulant à New York ou dans un café parisien.

C'était sur St-Denis, tout près de Berri-Uqam, entre Émery et de Maisonneuve.

Ça faisait déjà vingt minutes que mon bonnet gris et moi on marchait sous la neige. J'attendais qu'une ptite fille de chez nous sorte du métro . Je pris mon téléphone, laissa pendre mes mitaines au bout de leur corde, l'appela pour savoir où elle en était. "Je suis devant Uqam" qu'elle me dit. "Bon ben au moins, t'es pas perdue" que je lui répondit. Je me suis mise à marcher à sa rencontre vers le métro.

Toujours au téléphone, comme une vrai montréalaise bien élevée, on essai de s'entendre et de se voir à travers les gens et la noirceur de la rue.

- Ouin faque la bière va être bonne, on l'a méritée.
- T'as raison, hey Chlo?
- Quoi?
- C'est tu comme ...
- Val... t'as tu un manteau rouge ?
- Oui, c'est tu toi devant moi?

... de grands signes de mains réciproques nous on signalés que nous n'étions plus capable de nous reconnaître à à peine 15 mètres de distance. C'est un signe que nos chemins ne s'étaient pas croisés depuis un trop long moment.

Quelques pas plus tard, une fois départies des flocons qui tombaient paresseusement sur les décorations qui habillaient St-Denis, on s'attabla face à face. Du deuxième étage de la brasserie où nous étions, je pouvais toujours voir la neige s'accumuler au dehors.

Nous nous mirent à parler de notre nouvelle vie de collocation, de Montréal, du cégep, des garçons qui avaient, ou pas, croisés notre vie depuis la dernière fois où nous nous étions vues. Une bulle nous enveloppait et, autour d'une bonne bière, tout ce que j'avais besoin de confier à une vieille amie est sorti.

Après un moment, silence, elle me regarda et me dit : " Sté Valétoile, là c'est exactement ce dont on rêvait lorsqu'on était jeune. Nous deux allant prendre un verre à Montréal pendant qu'on y reste et qu'on y étudie. Deux chix qui vivent leur vie à fond".
Mais oui, elle avait tout à faire raison. Nous avions toujours rêver notre futur de cette manière, envisagée notre vie de jeunes adultes comme de belles et brillantes femmes qui prennent une pause dans un café où un bar pour se raconter leurs vies tumultueuses.

Elle rajouta dans son élan de lucidité, étincelle au coin de l'oeil, qu'on avait l'air tout droit sorties de n'importe quel film un peu fefille. New York, Montréal, Parie, Londres, même histoire! C'était vrai. Une belle fille qui discutait d'un garçon avec sa meilleur amie dans un resto sous la première tempête de l'année, quoi de plus cinématographique? Beaucoup de choses vous me répondrez. Sûrement, mais pour moi, il n'y avait rien de mieux que de voir sa vie tel un film dont on est le héros de l'histoire et ce soir là, sous les lumières et la neige scintillantes de la ville, la ptite caméra dans ma tête à eu beaucoup de travail.

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