samedi 18 avril 2009

Aveugle au quotidien

Mes cheveux tous ébouriffés par le printemps, mes lunettes sur le bout du nez et encore avec un foulard pendouillant à mon cou, j'ai pris conscience de ce que je voyais et de la chance que j'avais. J'étais assise là, le regard perdu entre l'horloge, un éternel tableau vert et la personne qui parlait devant la classe. Je nous avais regardé parler de notre avenir sans apporter trop d'importance aux exposés. On parlait de nos qualités et intérêts. On parlait ce qu'on était devenu.

Pas du tout intimidant. C'est bien connu, au secondaire les oraux c'est toujours énervant, mais on en a fait combien ensemble en 5 ans? C'était comme d'habitude. Sébas nous faisait des petites blagues pour se calmer pendant qu'il présentait sa profession, les filles murmuraient dans les coins, les autres écoutaient distraitement mais respectueusement. Ce n'est qu'au deuxième cours de présentation que j'ai vraiment ouvert les yeux. Et bien, peut-être pas les yeux, mais c'est par là que l'information m'a happée en premier.

Je les ai vu à travers les yeux d'un inconnu. De quoi on pouvait bien avoir l'air en train de siffler la personne assise devant la classe, de rire de nos propres blagues avec le professeur et de tout faire pour aider la personne à ne rien oublier.

On devait avoir l'air de... de, en fait... on avait l'air de n'importe quel autre groupe. Sauf qu'il se cachait des trésors de souvenirs dans le coin de nos sourires. C'est avec Simon que j'ai vu en premier à travers les yeux d'un inconnu. Si habituée à le voir que j'étais, de quoi pouvait-il avoir l'air pour quelqu'un d'autre. La réponse, pas importante. Ce que j'ai remarqué c'est qu'à mes yeux, aucun de nous n'avait vraiment vieilli. Dans mes oreilles, j'entendais les échos de tous nos rires passés qui étaient beaucoup plus nombreux que ceux qui nous restaient. Je sens toujours m'effleurer toutes nos poignées de mains, nos tapes et nos folleries.

Je crois que je pourrais faire encore 3 ans de polyvalente avec ce groupe. C'est drôle comme on se connaît sans vraiment se connaître. On a passé tellement de temps ensemble à se parler de choses anodines que l'essentiel de ce qu'on était s'est faufilé à travers toutes ces conversations pour transparaître aux yeux de tous. Pas eu besoin de s'expliquer de loin en large à notre première rencontre, le temps a fait son ouvrage. J'espère retrouver cette atmosphère plus tard.

Que de nostalgie dans se post qui tourne un peu en rond. Je crois que j'ai peur de quitter à sécurité qu'ils m'apportaient, peur de ne pas retrouver quelque chose de semblable. On a tous peur. On ne voit bien qu'avec le coeur et cette journée là, le mien devait bien avec mis ses lunettes pour déceler autant de petites émotions cachées dans mon quotidien.

1 commentaire:

Don Proctor... a dit…

Val, c'est toujours un bonheur de te lire. Toi qui sait si bien exprimer des émotions au travers desquelles nous sommes tous passés. Quelques-uns ont eu plus de facilité à passer au travers de leurs peurs, et d'autres ne les ont jamais franchis. Il faut apprendre à foncer, à pleurer, à douter, mais surtout à croire en nos rêves. Et c'est en explorant, en acceptant nos propres erreures et celles des autres, que nous pouvons apprendre à s'abandonner à la vie qui parfois veut simplement te dire " Fais moi confiance, là ou je te mènes, tu seras heureux(se) "

Alors, à toi Val, je te dis la phrase suivante " Life is life, Nana nanana "